
Que
faisons-nous ?
En se fédérant, les membres de la Fédération de l’Audiovisuel participatif se consacrent à différents chantiers. Ceux-ci influent et enrichissent les pratiques qu’ils et elles peuvent avoir sur l’ensemble du territoire français.
Les fondamentaux de la fédération
Depuis plusieurs années, la Fédération Nationale de l’Audiovisuel Participatif regroupe plusieurs médias différents, presse, radio, Web et bien sûr vidéo qui est le média historique de la fédération de l’audiovisuel participatif.
Notre chemin vers la participation citoyenne aux médias est un chemin commun et c’est ce qui nous rapproche.
Ce qui nous rapproche aussi ce sont des pratiques partagées, le besoin de diversifier les médias en fonction des usages et des diffusions, le besoin d’altérité aussi.
Ce qui nous rapproche enfin c’est une forme de convergence des luttes vers l’émancipation, la responsabilisation, l’exigence de l’expression autonome des individus et des groupes.
Ainsi la Fédération propose à tout type de média qui partage ces valeurs, cette exigence et ce projet d’éducation populaire de nous rejoindre pour faire avancer nos pratiques en commun.
Les membres de la Fédération Nationale de l’Audiovisuel Participatif favorisent, depuis 1989, l’appropriation des médias par les citoyens grâce à des méthodes permettant l’apprentissage par la pratique.
L’audiovisuel participatif, théorisé par la Fédération et en perpétuelle évolution grâce à ses membres, est un moyen d’expression, d’information, de création et de rencontres entre les citoyens. Il accompagne les dynamiques locales et contribue à générer des relations sociales.
Au travers de ces pratiques participatives, les publics sont incités à développer leur esprit critique vis-à-vis du champ médiatique et à y contribuer.
De par les retours d’expériences et la recherche permanente issus de l’activité de ses membres, elle crée de nouvelles formes de mobilisation bénévole des publics locaux.
Fondée sur une dynamique de coopération entre ses membres répartis sur l’ensemble du territoire national, la Fédération est à la fois un lieu d’échange de pratiques et de mutualisation des savoirs.
Les adhérents partagent et consolident leurs pratiques à travers des chantiers ouverts : développement du réseau, cartographie des compétences, communication, partage de savoir-faire, réflexions sur la conception de projet, la mobilisation citoyenne…
Depuis sa création, la Fédération apporte son expertise et ses compétences dans la maîtrise de l’éducation aux médias.
En 2022, elle a créé un organisme de formation professionnelle, la FAP, à destination de tous les salariés qui souhaitent s’engager dans ces démarches participatives ou créer un média indépendant.
La FAP est labellisée QUALIOPI et est désormais reconnue par les Commissions Paritaires de la presse et de l’audiovisuel (CPNEF), comme un des premiers organismes de formation habilités à délivrer une formation préparant à la certification « éducateur aux média et à l’information »
Aujourd’hui, la fédération est autogérée par le collectif d’adhérents bénévoles. Elle se réunit trois fois par an lors de réunions de contributeurs qui valident l’avancée du travail construit à distance avec les outils collaboratifs.
Elle propose une fois par an une rencontre nationale ouverte aux partenaires et au public.
Elle y mène des réflexions collectives au profit de chacun, en sollicitant la mutualisation des savoirs et les expérimentations.
Les adhérents partagent et consolident leurs pratiques à travers des chantiers ouverts : développement du réseau, cartographie des compétences, communication, partage de savoir-faire, réflexions sur la conception de projet, mobilisation citoyenne…
Au croisement des valeurs de l’Éducation populaire et de l’Économie sociale et solidaire, nous pensons qu’il est nécessaire de :
- Regrouper et partager les expériences et pratiques autour de l’audiovisuel participatif
- Défendre le droit à l’expression autonome des individus et des groupes en complémentarité des grands médias en garantissant la pérennisation et le développement de dispositifs de soutien public aux médias indépendants (comme les commissions du Fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité auxquels nous siégeons, ou encore le Fond de soutien au développement de la vie associative),
- promouvoir de nouveaux modèles, dans l’émergence de médias liés aux communautés inclusives dont ils sont une expression, dans la pluralité des cultures, des générations et de la liberté d’expression.
- Former les salariés des médias indépendants et tous les groupes intéressés par une autre vision de la sphère médiatique :
- aux pratiques participatives et techniques audiovisuelles associées
- à la coopération,
- à la communication non violente,
- à l’inclusivité,
- aux outils libres et éthiques…
- Enfin, conformément à la logique de mutualisation des savoirs, des réflexions et des expérimentations qui nous guident, nous voulons participer à créer et dynamiser un espace commun, nécessaire à la vitalité démocratique, qui mettrait en partage, en visibilité et en cohérence les pratiques de l’EMI et leurs conditions de réalisation concrètes par ses acteurs eux-mêmes, auprès de tous les publics et territoires.
L’organisme de formation professionnelle de la fédération, certifié Qualiopi, s’adresse aux acteurices des médias (télévision, presse, radio, web) et aussi aux professionnel·les du secteur associatif.
Fort·es de nos engagements dans l’éducation populaire aux médias et à l’information (EMI), nous développons, en plus d’une formation certifiante à destination des professionnel·les des médias, un panel de formations thématiques directement reliées aux enjeux de l’EMI et ouvertes à tous professionnel·les travaillant avec des publics.
Nous proposons également des formations plus techniques en audiovisuel ou axées sur la création. Par ailleurs, pour outiller le secteur associatif, nous avons aussi des formations en gestion et développement de structures.
Toutes ces formations sont dispensées en pédagogie active pour favoriser l’émancipation professionnelle. Elles se déroulent partout en France, dans des cadres conviviaux laissant place à des temps informels pour soutenir les dynamiques collectives et la mise en réseau professionnel.
Au cœur des enjeux de la participation, la notion d’inclusivité est inévitable, mais peut prendre des sens variés. Des maisons d’arrêt aux espaces ruraux, des quartiers populaires aux EHPAD, les actions menées dans ces lieux ont toujours à voir avec une question d’inclusivité. La Fédération de l’Audiovisuel Participatif se positionne systématiquement pour une démocratisation des outils médiatiques tout en rappelant que celle-ci ne va pas toujours de soi dans notre société.
Ici, la notion d’inclusivité fait plus spécifiquement référence à deux enjeux :
- Celui de la représentation et la considération équitable de toutes et tous. En ce sens, La Fédération se positionne auprès de celles et ceux qui réfléchissent aux outils qui favorisent la déconstruction de schémas discriminants. Cela passe notamment par la mise en place d’une formation sur les Médias, genres et VHSS lafap.net/nos-formations-actions-professionnelles. Mais aussi par l’adoption progressive d’une écriture inclusive dans les documents que nous sommes amenés à produire.
- Celui de la prise en compte des personnes en situation de handicap. Là encore, cette notion regroupe des réalités très différentes. Au sein de la Fédération, des réflexions sont menées sur l’élaboration d’outils, voire de formations, afin de prendre en compte les personnes en situation de handicap auditif (notamment par le biais du sous-titrage et plus spécifiquement du sous-titrage SME) et des personnes en situation de handicap visuel (par le biais de l’audiodescription).
Nota bene : le point médian, objet de tant de crispations, n’est pas l’alpha et l’oméga de l’écriture inclusive. Et s’il ne saurait exister de solution unique dans une langue vivante et en évolution permanente, le choix a été fait ici de l’éviter en raison notamment de l’usage des synthèses vocales qu’utilisent notamment les personnes déficientes visuelles. Ces outils de synthèse vocale peuvent en effet rencontrer des problèmes pour interpréter cette graphie particulière.
La Fédération de l’audiovisuel participatif utilise deux outils numériques libres et décentralisés : un serveur Peertube pour l’hébergement de vidéos et Nextcloud pour la collaboration de groupe.
Mais pourquoi ne pas utiliser Youtube et Google Docs comme (presque) tout le monde ? Citons Framasoft, l’association qui produit le génial Peertube : « pour contribuer à une société empreinte de justice sociale où le numérique permet aux humain·es de s’émanciper, à contre-courant des imaginaires du capitalisme de surveillance. »
Dit d’une autre façon, il s’agit d’utiliser des outils à notre service, plutôt que de nous mettre au service des plus grandes entreprises du monde en utilisant leurs services gratuits en échange de notre santé mentale et de nos données personnelles. Santé mentale ? On n’exagère pas un peu, là ? Tous les services gratuits de ces entreprises, dont la capitalisation boursière est à peine imaginable, sont basés sur l’engagement et l’addiction. Utiliser d’autres outils, c’est échapper à cette addiction pour une meilleure « convivialité », au sens d’Ivan Illich.
Le Fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité (FSMISP) est un dispositif d’aide financière destiné aux médias locaux qui jouent un rôle dans l’information de proximité. Ce fonds vise à soutenir les structures éditoriales qui contribuent au débat démocratique local et à la cohésion sociale sur les territoires. Petite histoire de ce fonds…
Si le mouvement des télévisions associatives locales et nationales a pu obtenir une reconnaissance juridique (loi du 1er août 2000,) il n’a pu pour autant gagner droit de cité, en l’absence d’un solide modèle économique viable, à l’instar des radios associatives soutenues depuis la fin des années 80. Malgré de multiples interpellations au début des années 2000, la possibilité de créer des télévisions locales laissait le champ libre aux sociétés commerciales adossées à de puissants groupes industriels et financiers vivant majoritairement de la commande publique sans être accompagnée d’une politique publique de soutien aux médias alternatifs et démocratiques, pour ainsi garantir le pluralisme.
Lors de la première université européenne des Télévisions des Pays et des Quartiers à Castres en novembre 2001, cette demande était inscrite dans la résolution 1 :
Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent la création d’un fonds de soutien aux télévisions associatives facilitant l’investissement initial, le fonctionnement et le renouvellement du matériel, sur le principe du fonds de soutien à l’expression radiophonique en évitant les dysfonctionnements observés.
Ce fonds de soutien doit être accessible aux télévisions associatives, notamment aux télévisions de pays et de quartiers en prenant en compte leur mode d’action dans le cadre de l’animation et de la communication sociale locale.Il doit être expressément réservé aux structures bénéficiant ou devant acquérir rapidement grâce à celui-ci une indépendance économique et politique indispensable à la réalisation de leur mission
Ce fonds de soutien devra faire l’objet d’un calendrier précis pour permettre rapidement l’organisation des télévisions et garantir le succès des nouveaux moyens de diffusion qui leurs sont offerts, en particulier compte tenu du développement prochain de la Télévision Numérique Terrestre.
Lors de l’audition de notre Fédération Nationale auprès du CSA en avril 2005 pour notre demande de fréquence pour le projet Proxyvision, je répondais à Mr Lévrier qui m’interrogeait sur la raison de notre demande d’une subvention nationale pour nos télévisions :
On ne peut pas parler de subvention nationale. Nous défendons le fait qu’un fonds de soutien est nécessaire pour faire fonctionner ces télévisions associatives. S’il existe des subventions auniveau local, ce n’est pas essentiellement pour la diffusion, mais aussi pour la question de l’accompagnement. Je ne pense pas que ce soit une question de prise d’otages. Nous nous adressons à cette assemblée en disant, finalement, que le rôle de la puissance publique est d’assurer cette diversité et ce pluralisme. Nous demandons les moyens afin que ces exigences soient remplies.
Dans un courrier de 2012, envoyé à Benoit Hamon ministre délégué à l’ESS, la Fédération préconisait dans l’optique de la future loi :
1. Mise en place d’un fonds de soutien national de 30 millions d’Euros, en prélevant
0,1% des recettes sur les investissements publicitaires, soit 31 090 000 Euros
En janvier 2015, l’attentat contre Charlie Hebdo et les manifestations qui ont suivi amènent une prise de conscience du rôle des médias, notamment des médias citoyens et de proximité, dans la vie publique et la création d’un fonds de soutien (modeste) est acté. Il aura fallu plus de 15 ans et cet événement dramatique pour apporter à ces médias le seul financement qui tient compte du fonctionnement global de la structure.
Extrait du Décret n° 2016-511 du 26 avril 2016
Le décret institue un fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité. Ces médias sont définis comme étant soit des publications de presse, soit des services de presse en ligne, soit d’autres services de communication au public par voie électronique mettant en ligne des contenus d’intérêt général renouvelés régulièrement et faisant l’objet d’un traitement journalistique, pourvu qu’ils s’adressent principalement à des publics locaux, notamment dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou les zones de revitalisation rurale. Les aides du fonds s’adressent aux structures éditant à titre principal un média d’information sociale de proximité, ou aux structures sans but lucratif reconnues d’utilité publique éditant un tel média à titre accessoire. Elles sont versées compte tenu de l’offre éditoriale du média et des caractéristiques de sa structure éditrice, appréciées au regard de critères fixées par le décret.
Depuis cette date, l’attribution à l’échelle nationale de 1,8 million d’euros à ce fonds reste inchangée. Les médias concernés peuvent prendre plusieurs formes : publication de presse en ligne ou imprimée, communication électronique en mode écrit, visuel, sonore ou vidéo.
Depuis 2025, une enveloppe est attribuée à chaque région qui la répartit aux bénéficiaires suivant 3 critères :
- Le traitement éditorial de l’information
- La production d’une information de proximité, sociale et citoyenne
- L’insertion dans un territoire
En 2024, les montants attribués allait de 7 600 € à 19 500 € environ. La régionalisation conduit à une instruction menée différemment par chaque DRAC et doit permettre de raccourcir les délais de paiement. Il peut se cumuler avec d’autres soutiens des DRAC, par exemple une subvention pour des actions d’EMI.
Depuis plus de vingt ans, la Fédération de l’Audiovisuel Participatif agit comme un espace de coordination, de soutien mutuel et de plaidoyer en faveur d’un audiovisuel d’habitants, critique et non marchand. Née de l’élan des télévisions participatives locales et des pratiques d’éducation populaire, elle défend une vision plurielle de l’information et de la création, ancrée dans les territoires, ouverte aux voix minoritaires et aux récits hors des formats dominants. À travers ses membres la Fédération promeut des pratiques qui font du médium un outil de transformation sociale, et de l’association un espace d’expérimentation démocratique.
Depuis plusieurs années, cette dynamique associative se trouve confrontée à un climat politique de plus en plus restrictif. En réponse aux attentats de 2015, la France a progressivement intégré l’état d’urgence dans le droit commun, multipliant les mesures d’exception. Dans ce contexte sécuritaire, le monde associatif a été ciblé à son tour par un durcissement législatif. La loi de 2021 dite « Séparatisme » instaure un contrôle renforcé des associations via le Contrat d’Engagement Républicain, imposant des obligations floues qui peuvent conduire à une surveillance politique et des interprétations arbitraires.
C’est dans ce contexte que la Fédération de l’Audiovisuel Participatif a pris position publiquement, en s’inquiétant notamment des difficultés rencontrées par certains de ses membres dans l’accès aux financements publics, dénonçant une entrave à la liberté associative.
Car défendre les libertés associatives, c’est défendre la liberté d’expérimenter, de s’organiser collectivement, de s’exprimer dans la pluralité. C’est refuser que les financements publics deviennent un levier de mise au pas idéologique. C’est croire encore au service public. Pour les médias citoyens, cela signifie garantir que la critique, l’imagination et la participation ne soient jamais soumises à un devoir de neutralité imposé par le haut, et soient soutenues comme garantes d’une vitalité démocratique et d’une circulation des idées de toutes et entre toutes.
–> le communiqué de la Fédération de l’Audiovisuel Participatif (mettre le lien)
–> des outils pour se défendre lacoalition.fr/Que-faisons-nous
–> des articles pour s’informer :

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